Between art and architecture, artists and architects – Project's blog

Vara, Pezo von Ellrichshausen, Biennale de Venise

Nouvelle œuvre « mécénée » par Build Beyond by Knauf, le pavillon « Vara » de l’agence Pezo von Ellrichshausen se déploie sur plus de 300 m2 dans les jardins de la Biennale de Venise.

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Une succession de cylindres formant un espace labyrinthique à la limite de l’architecture et de l’expérience artistique. Le plan du pavillon « Vara » de l’agence d’architectes chiliens Pezo von Ellrichshausen est constitué de dix cercles s’enchevêtrant de façon aléatoire. Chacun des cercles est d’un diamètre différent, ce dernier progressant de 2 à 11 unités. L’unité de référence du rayon est basée sur le vara, qui a donné son nom au pavillon. Ce système de mesure, un peu imprécis et aujourd’hui obsolète, était utilisé durant la période coloniale en Amérique latine, pour dessiner les plans urbains. Pour les deux architectes, cette référence historique « évoque à la fois la capacité de l’architecture à être déterminée par des dimensions précises et en même temps, l’impossibilité d’appréhender vraiment ces mesures quand on expérimente un espace. »

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Plan ouvert

Par sa disposition qui semble arbitraire, le pavillon tient à la fois de la tradition du « plan ouvert » (plusieurs ouvertures, pas de forme dominante ou de hiérarchie précise) mais également de l’assemblage limité d’éléments singuliers. Le choix d’une structure cylindrique – le fait par exemple qu’il n’y ait ni angles ni jointures – participe de cette absence d’ordonnancement. Et la perception de l’espace évolue entre, d’un côté, des concavités étroites et, de l’autre, des espaces convexes larges mais irréguliers. Le visiteur se déplace de recoins sombres à des espaces centraux très éclairés. Selon ses auteurs, le pavillon « Vara » permet de faire « l’expérience d’une masse creuse, érodée par son propre écho. » Il est le résultat d’une recherche sur la capacité des intentions architectoniques à se dissoudre par la répétition d’éléments singuliers, en jouant sur leurs différentes dimensions. Par ailleurs, en entremêlant ces espaces, les architectes modifient notre perception de la structure d’origine et troublent les notions d’intérieur et d’extérieur.

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L’architecture comme forme de connaissance

Mauricio Pezo et Sofia von Ellrichshausen ont ouvert leur agence d’architecture en 2002 à Concepción, dans le sud du Chili. Leur travail, qui a intégré les collections du MoMA (musée d’art moderne de New York) en 2014, a été distingué à plusieurs reprises et a fait l’objet de monographies. Ils ont été curateurs du pavillon chilien de la Biennale de Venise en 2008 et ont exposé à la Royal Academy of Arts de Londres en 2014. Leur dernier essai, « Spatial Structure » (édité chez B Architecture) qui mêle textes et peintures, repose sur leur croyance en l’architecture comme une forme de connaissance.

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L’atmosphère d’un cloître

Le pavillon « Vara » se déploie sur 324 m2 de surface dans les jardins de la Biennale d’architecture de Venise 2016. Le choix des couleurs et des matériaux utilisés pour les parois du pavillon a été très longuement réfléchi, afin de permettre à celui-ci de s’insérer parfaitement dans les jardins. L’absence de toiture facilite cette immersion dans l’environnement naturel. « C’est très surprenant de percevoir le ciel, les arbres, les statues environnants, comme si l’on se retrouvait dans une sorte de cloître, silencieux et intime » relèvent Mauricio et Sofia.

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Direction artistique

Le pavillon a bénéficié du mécénat de Build Beyond by Knauf qui, pour la première fois, soutient une œuvre architecturale. Les années précédentes, Build Beyond by Knauf avait assuré le mécénat de réalisations artistiques : celle de Felice Varini (« Cercles, toits et façades » à Versailles en 2013) puis, en 2015, l’installation « Espace, couleurs » de Krijn de Koning au Cenquatre à Paris, avec entre-temps, un soutien à une œuvre collaborative de Jan Kopp au Centre Pompidou. Proposé dans le cadre de la Biennale de Venise, le pavillon « Vara » s’inscrit totalement dans la ligne artistique de Build Beyond by Knauf. Comme pour les mécénats précédents, il s’agit d’une œuvre éphémère et in situ. « Ce caractère éphémère permet aux artistes d’explorer de nouveaux territoires et de faire preuve d’audace, à travers des gestes qu’on ne pourrait pas avoir le droit de faire s’ils étaient définitifs » explique Bérangère Armand, directrice artistique de Build Beyond by Knauf. L’éphémère confère une poésie à ces œuvres dont on ne conserve que des souvenirs ou traces sous forme de croquis, dessins, photos, une fois la pièce démontée. Enfin, le projet Build Beyond by Knauf met en scène des œuvres qui ont recours à l’abstraction et à la géométrie, cet alphabet commun aux artistes et aux architectes.

« Les créateurs que nous soutenons jouent librement avec cette frontière floue entre art et architecture » poursuit Bérangère. « Les pièces proposées incitent à poser un regard nouveau sur un espace donné. Grâce à elles, l’observateur est poussé à envisager différemment les relations entre son propre corps et le contexte environnant. Nous avons à cœur d’agir sur l’étonnement et la réceptivité du “regardeur”, du promeneur. Outre l’effet poétique souhaité, nous espérons que de telles pièces contribuent à enrichir la capacité de chacun à lire un espace, à “regarder” l’architecture et plus généralement les formes. », conclut Bérangère Armand.

 

 

 

 

 

Mathieu Oui
http://pezo.cl/
http://www.labiennale.org/en/Home.html
Courtesy Galerie Solo
Sponsorship Build beyond by Knauf
Avec la participation de Chile Profundo Foudation, Cosmos Foundation and Chilean Governement
Photographs courtesy Pezo von Ellrichshausen
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